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sommeil polyphasique

Vendredi 10 octobre 2008
Bonjour ! :-)

A tous ceux et celles qui s'intéressent à mon expérience polyphasique : je vous invite à passer sur mon blog, où vous trouverez la suite de l'expérience. Et notamment, passez lire cet article :

http://www.lafabriquedesidees.com/2008/10/bilan-a-2-mois-et-demie-d-une-revolution-partie1/

je viens de le publier, et je fais le bilan, après 2 mois et demie, de ce qu'il faut bien appeler une métamorphose !!! Une métamorphose liée au sommeil polyphasique, que je continue, mais pas seulement. 

Au plaisir de vous y lire ! :-)
Par Boréale
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Jeudi 7 août 2008

   Aujourd'hui 13ème jour de cette passionnante expérience : je suis (presque) en pleine forme ! :-)


   Bon, j'exagère un peu, je pourrais difficilement bosser comme d'habitude ou faire beaucoup de sport dans mon état actuel : je sens que je manque encore de résistance, je fatigue vite. Mais n'empêche, je suis sur la pente ascendante : ça va de mieux en mieux.


   Pourtant, j'ai un peu joué avec mon nouveau rythme : lundi soir (11ème jour), considérant que ma très grande fatigue en matinée était due à la sieste nocturne de 3 heures, car elle empêcherait mon corps de s'adapter parfaitement à un rythme totalement nouveau, j'ai décidé de la réduire de moitié : de dormir un cycle entier et de rattraper l'autre par une ou deux siestes supplémentaires dans la nuit et dans la matinée. Et par la même occasion, j'ai remis en cause le principe des horaires fixes, en estimant possible de me coucher quand j'en ressentais le besoin.

   J'ai hésité à commencer là tout de suite... et évidemment j'ai commencé là tout de suite.

   J'ai commencé à me poser des questions très vite, en voyant que je prenais une demi-heure à m'endormir... (depuis une semaine, je m'endors en 5 mn chrono)

   Je me suis demandé si vraiment c'était la solution à mon état de grande fatigue nocturne, en me levant totalement zombisée 2 heures plus tard...

   Aurait-il fallu commencer dès la semaine dernière avec ce rythme-là, parce que mon corps s'était déjà habitué au premier rythme, ou bien était-ce trop tôt au contraire, parce que je le déstabilisais complètement ? C'est la question que je me suis posée en enchaînant des siestes toutes les 2/3 heures cette nuit-là, et à laquelle j'ai répondu au matin, après avoir certainement dormi debout pendant une bonne demi-heure juste après la sieste de 7h.


   Le reste de la journée a été chaotique : allongée une demi-heure avant la sieste de midi, je me endormie illico et me suis réveillée une heure plus tard. Puis j'ai passé l'après-midi de ce 12ème jour en famille. Une sieste de 20 mn dans l'après-midi, avec 1h30 d'avance sur l'horaire normal, et j'ai repiqué 2 heures plus tard, sans réveil cette fois-ci, pour voir si je me levais de moi-même après 20 mn. Résultat de l'expérience : non concluante. J'ai dormi 1h15.

(précisons quand même qu'il faisait une chaleur à crever, et que tout le monde a passé son temps à faire des siestes : je ne me suis pas sentie dépaysée ! :-)


   Bon, après cette journée chaotique de bout en bout, j'en tire les conclusions suivantes :

  •     Je suis encore trop fragile physiquement pour me lancer dans un « nouveau début », qui pourrait ressembler en terme de fatigue aux tous premiers jours de l'expérience. Avant toute nouvelle expérimentation, il faut que mon corps s'adapte déjà parfaitement à la première. Il faut qu'il soit rôdé à l'endormissement-minute, à heures fixes, qu'il s'éveille de lui-même 20 mn plus tard, et que je sois en bonne forme physique.

  •     J'ai peut-être été un peu présomptueuse en pensant que la période d'adaptation était finie... Rien n'est encore acquis.

  •     Finalement, je ne suis pas sûre que le principe de dormir à toute heure, sans horaires, me conviennent au fond. Si je peux choisir, je sais que je n'écouterai pas mon corps et que je ne dormirai pas. C'est là une des grandes différences entre mon rythme actuel et le rythme traditionnel : je ne peux pas tirer sur la corde puisque je n'ai pas à me poser de questions !! A l'heure dite, à la minute près, je suis au lit, et 5mn plus tard je suis endormie. C'est simple. Pas compliqué. Et si en effet je veux continuer ce que je suis en train de faire, je me raisonne en me disant que je suis de retour dans 20 mn, au pire dans 3 heures. Et ça, ça me convient parfaitement. Dans le passé, j'aurais retardé et retardé encore le trou noir de la nuit, et je me serais levée crevée.


   Après tous ces changements de rythme, j'ai crains d'avoir des difficultés à retourner à mon rythme désormais ordinaire. Mais apparemment, ça va mieux qu'avant : sortie toute fraîche de la nuit de 3 heures, je n'étais pas somnolente et j'ai travaillé tranquillement jusqu'à 6h40, puis jusqu'à 12h... Bref, apparemment tout ça n'a pas eu de conséquences. Et je retrouve mes horaires fixes avec un certain plaisir. Mais j'espère aussi que je serai suffisamment adaptée au moment où je reprendrai le travail, pour pouvoir adapter le cours des siestes au cours de la journée sans que ces menus aménagements ne nuise à ma forme, que j'espère éclatante ! :-)

Par Boréale
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Lundi 4 août 2008

   C'est plutôt comique que j'écrive ce billet juste après celui sur le manque de sommeil ! ;-) Mais bon, je suis en période d'adaptation ! Parce que non, définitivement la période d'adaptation n'est pas finie.

   En fait il semblerait que la 2ème semaine soit une nouvelle épreuve. Pendant la 1ère semaine (les tous premiers jours mis à part), le manque de sommeil se faisait ressentir de manière inhabituelle, par toutes sortes de douleurs physiques, et par ce que j'appellerais un état méditatif permanent... En passant le cap de la 1ère semaine, ces sensations et cet état méditatif -ou végétatif ? :-)- se dissipent, et la fatigue ordinaire reprend ses droits. Est-ce physiologique ? Est-ce l'attention qui se relâche ? C'est une fatigue ordinaire en qualité, mais en quantité... les paupières luttent comme jamais, on dirait deux hamacs tendus, ployant sous le poids de tout mon corps ramassé en boule...

   C'est surtout vrai pendant la nuit, après la nuit de 3 heures : rester éveillé demande un effort terrible, les paupières n'en finissent pas de leur chute interminable...

   On dit de cette méthode avec une « vraie » nuit de 3 heures que c'est la méthode douce du sommeil polyphasique... je commence à en douter. En fait, on réactive à chaque fois le souvenir des nuits ordinaires, la fatigue se renforce à cette source et se transforme en ouragan...


   Il y a 2 nuits, le combat fut titanesque. La nuit dernière, c'était juste un peu mieux... et cette nuit...je me suis rendormie. Pas dans la foulée, heureusement : après la nuit de 3 heures, je suis restée éveillée 1h/1h et demie, puis allongée sur le lit j'ai commencé à somnoler, puis à rêver... jusqu'à ce que le réveil de mon ordinateur, reparti pour une course de 3 heures, me réveille enfin.

Heureusement !! Car les dérèglements de ce genre rendent l'adaptation encore plus longue et difficile, et d'après tous les témoignages que j'ai lu, ce sont eux le plus souvent qui entraînent l'abandon. On baisse les bras, on n'y arrive plus, ce sommeil supplémentaire rend la fatigue encore plus cruelle, on oublie le réveil une deuxième fois, puis une troisième... c'est de pire en pire et on finit par abandonner.


   Je sais que le pourcentage d'abandon est extrêmement élevé... mais non, pour moi c'est une éventualité que je n'envisage même pas.

Mais il faut impérativement que cette sieste supplémentaire, qui aura duré entre 1h et demie et 2h, reste un cas exceptionnel. Isolé. Je devrai redoubler de vigilance les nuits prochaines. Et surtout, éviter ce que j'ai fait cette nuit : lumière en veilleuse, pas de musique, fenêtre fermée, et moi assise puis allongée sur le lit... Dans ces conditions évidemment... :-)

Par Boréale
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Dimanche 3 août 2008

    Quand on entend parler pour la première fois du sommeil polyphasique, on s'horrifie du nombre d'heures de sommeil de ces fous à lier : entre 2 et 5 heures de sommeil par jour, soit nettement moins que les 8 heures de sommeil d'un Homo Sapiens normalement constitué.

   On comprend un peu mieux qu'un tel exploit soit possible sur plusieurs mois ou plusieurs années, quand on sait qu'il s'agit de « concentrer » le sommeil, en gardant le sommeil le plus réparateur, et en zappant tout ou partie du plus léger.

   Mais ces considérations-là restent bien abstraites pour qui ne les a pas expérimentées, et les personnes qui restent hostiles à ces méthodes marginales gardent bien ancrées les convictions qu'on leur a apprises et qu'elles se sont forgées par « l'expérience » : ces dormeurs polyphasiques doivent manquer de sommeil. Ca peut varier un peu, mais globalement, tout le monde sait bien qu'on est fatigué quand on ne dort « pas assez » : la qualité d'une nuit de sommeil se calcule d'abord en quantité, en nombre d'heures passées les yeux fermés, et ne fait intervenir la qualité proprement dite du sommeil qu'à la marge.

   Manquant manifestement de sommeil, ces dormeurs polyphasiques doivent s'abîmer la santé : les conséquences néfastes du manque de sommeil, sur le physique et le mental des insomniaques en particulier, est connu et très documenté, et donc ces méthodes de sommeil barbares doivent être condamnées.


   Pourtant, les témoignages des dormeurs polyphasiques de longue date convergent tous dans le même sens : « Avant, j'étais fatigué en fin de journée », « je ne sais plus ce que c'est que la fatigue », « j'ai plus de pêche qu'avant », « si je suis fatigué, c'est que c'est l'heure de la sieste. »

Pour des gens qu'on annoncait sur les rotules, ils ont la forme.

   D'ailleurs, l'expérience de tout un chacun nous apprend aussi qu'on peut être groggy d'avoir trop dormi. Qu'il arrive aussi qu'on sorte d'une nuit très courte avec le sentiment d'avoir suffisamment dormi. Bref, s'en remettre à la durée du sommeil pour juger d'un manque éventuel, c'est un raccourci tellement brutal qu'il en devient complètement faux.

   Si on suit ce principe, les dormeurs polyphasiques devraient faire la grasse matinée tous les week-ends pour récupérer. Ah oui c'est vrai, les dormeurs de la méthode dure (1) en particulier se permettent une très longue nuit de sommeil de temps en temps... en général une fois tous les 2 à 6 mois...


   Non, les dormeurs polyphasiques ne manquent pas de sommeil. Le nombre d'heures dormies peut le laisser penser. La privation de sommeil de la période d'adaptation, si cruelle pour certains, peut le laisser penser. Mais passée cette période d'adaptation, il en va tout autrement, et ces rythmes de sommeil seraient intenables si ce n'était pas le cas. (Par contre, il suffit de casser le rythme, de sauter une sieste ou de dormir une nuit ou deux ordinaires pour que la fatigue reprenne brutalement ses droits).

   A la rigueur, les dormeurs de la méthode dure, qui zappent totalement le sommeil léger, courent peut-être des risques liés à cette absence. Mais curieusement, ce sont eux qui parmi les dormeurs polyphasiques déclarent avoir le plus d'énergie. S'il y a des manques, ce ne sont pas ceux que l'on associe à l'état de fatigue.

   Par contre, les dormeurs polyphasiques semblent être à l'abri des très nombreux problèmes physiques que la fatigue entraîne : manque de vigilance au travail ou sur la route, facteur aggravant de l'hypertension artérielle, de l'artériosclérose, du diabète et de l'obésité, dépression, irritabilité....

   Il n'est pas impossible qu'ils souffrent d'autres maux, mais de ceux-là, non. Et ça, c'est déjà énorme. En troquant mes nuits d'insomnie contre un sommeil réparateur et contre le bonheur presque inconnu de s'endormir très vite, je ne pense pas avoir perdu au change.


   Et même, curieusement, après une semaine de nuits de 3 heures et de siestes de 20 mn, je me demande même si le sommeil léger n'est pas néfaste. Comme s'il était de trop : mes plus grandes fatigues (en cette période d'adaptation) se manifestent quand je me réveille après 3 heures de sommeil : je me sens groggy comme après une trop longue nuit, lourde comme après un repas trop copieux... et je pense que j'irais mieux si je coupais la nuit en deux... Dormir la nuit, vivre le jour !? Mais c'est un truc de déséquilibré ça, Madame ! ;-)


(1) cf Dormir 3 heures par jour : le sommeil polyphasique, ça vous branche ?

Par Boréale
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Mercredi 30 juillet 2008

Il y a quelques jours, vous découvriez le sommeil polyphasique : dormir uniquement des siestes d'une demi-heure, tout ça. Bon, ben c'est pas fini : en voilà un deuxième !

En fait il n'y a pas un, mais 2 types de sommeil polyphasique : la distinction essentielle paraît peu de choses, et pourtant :

  • Le 1er est constitué de siestes toutes de même durée,

  • Le 2nd est constitué d'une sieste plus longue, et de petites siestes à côté.


Avant de rentrer dans le détail des différences « physiques », il y a une différence majeure qui m'a sauté aux yeux après avoir testé le 1er régime pendant 2 jours et commencé à tester le 2ème : la perception du temps est vraiment différente.

En vivant indifféremment, de jour comme de nuit, exactement les mêmes périodes de temps – 30 mn de sommeil, 3h30 éveillée – on a l'impression de vivre une journée sans fin. Il n'y a pas de début, pas de fin : la nuit passe au même rythme que le jour, il n'y a pas de différences, sinon que la vie autour de nous n'est pas la même, et la couleur du ciel non plus. Mais pour le reste, on finit, je pense, par ne plus du tout penser en « jours » : la période de temps de référence devient le cycle, de 4 heures.

Le 2ème sommeil polyphasique, avec sa sieste principale, restaure l'idée de nuit. On se réveille après 3 heures de sommeil, c'est vrai, mais pendant ces 3 heures on a dormi de manière traditionnelle, avec des cycles de sommeil complets, et la simple différence de durée crée une coupure : on ne vit plus un jour sans fin.


La simple existence de cette sieste principale dans la 2ème méthode fait d'elle la « méthode douce » du sommeil polyphasique, la 1ère étant la « méthode dure ». Il y a des différences majeures :


  • L'existence de 2 cycles de sommeil complets. D'un point de vue médical on ne sait pas exactement ce qu'apportent les premières phases d'un cycle, mais quel que soit leur apport, on se rapproche du sommeil ordinaire.

     

  • Du coup, s'adapter à la 2ème méthode est plus facile, malgré tout, que de s'adapter à la 1ère. La période d'adaptation est beaucoup moins violente pour le corps, et s'étale sur plusieurs mois, alors que dans la 1ère méthode, le corps n'a pas d'autre choix que de s'adapter au plus vite.

     

  • Le corps étant assuré d'avoir un quota minimum de sommeil paradoxal pendant la sieste principale, il est moins exigeant sur la régularité des petites siestes. Dans la première méthode, ne comptant que sur des siestes toutes identiques, il réclame son quota de sommeil paradoxal à heures fixes.

    Résultat : il est possible de concilier la méthode douce avec une vie sociale ordinaire, entre famille, travail et aléas de toutes sortes, tandis qu'avec la méthode dure, ça dépasse souvent la limite du possible.

    Cette différence essentielle explique que la méthode dure soit rarement pratiquée plus de quelques mois (jusqu'à 2 ans pour ce que j'ai pu lire jusqu'à aujourd'hui), tandis que certains pratiquent la méthode douce depuis 15 ans tout en vivant normalement.


Les 2 méthodes, bien que polyphasiques toutes les deux, se vivent donc complètement différemment. D'ailleurs, leurs noms, données par 2 étudiantes en philosophie, sont sans équivoque : la méthode douce s'appelle « Everyman », homme ordinaire disons, et la méthode dure... « Uberman », faisant référence au surhomme de Nietzsche...

 

 

(Pour retrouver l'ensemble des posts de l'expérience, c'est par ici :  Dormir 3 heures par jour : le sommeil polyphasique, ça vous branche ?

Par Boréale
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